Le Nelson mandala

Avec Asymptote permaculture et Denis Pielot

     Début 2018, Constance nous parle d'un joli design qu'elle doit mettre sur papier pour un immense jardin à une quinzaine de kilomètres de Pont l’évêque. Elle ne pense pas vraiment à une réalisation importante par la suite mais, sait on jamais ! Et quelques semaines plus tard, elle m'appelle en sortant de l'entretien au cours duquel elle a présenté un dossier gigantesque afin de transformer leur terrain en jardin réfléchi, travaillé et permacole à l'aide de nombreuses études du sol, de l'eau, du vent ... qu'elle a réalisé. Et non seulement les propriétaires ont adoré la présentation, mais ils souhaitent en réaliser une partie rapidement ! Avril 2018, le chantier débute ! Objectif, réaliser un potager sous forme de bacs arrondis surélevés en bois, avec intégration d'un système de goutte à goutte grâce à une récupération de l'eau de pluie !

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Quelques chiffres !

- 100 Mètres linéaires de potager

 

- 7 Tonnes de bois (douglas local)

- 1500 Planches posées

- 2 Tonnes de fer à béton (pour la structure)

- 12000 Fixations pour faire tenir les planches sur la structure

- 30000 Vis

- 100 Baguettes de soudure

- 80 m3 de terre

- 23 Jours de chantier à 3.

     Le premier problème qui se posait était évidement l'absence de connaissance sur un tel résultat escompté : en effet nous n'avons trouvé aucune trace d'un tel projet donc tout est à inventer ! Nous avons mis sur papier au moins une dizaine de manières de réaliser les bacs : base en bois, en métal, en pierre, en fer plat ou en fer rond, montée sur place ou à l'atelier, avec des vis ou des crampions.... Et oui car faire un bac de forme arrondie, ce n'est pas simple ! Mais après 3 jours de boulot, ce sera donc base en fers à béton, puis le bois sera maintenue à l'aide de suspentes normalement utilisées pour du placo. L'intérieur sera plaqué d'un delta MS (plastique dur) pour protéger le bois et empêcher la terre de sortir. 3 jours de plus seront nécessaires pour faire venir tous les matériaux et tout l'équipement ! Cette fois ci, les hostilités sont lancées !

Fin Avril 2018

Quelques semaines avant, Constance a placé une couche épaisse de foin qui a permis non seulement de désherber et de tracer les futurs bacs mais aussi de rendre la terre malléable !

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Entouré d'un géotextile blanc, un tuyau poreux a été posé sur la surface de tous les bacs et enfoncé au niveau des allées. Relié à la cuve de récupération d'eau de pluie, il permettra d'arroser le potager par capillarité et sans abîmer la terre (un des avantages d'arroser par en dessous est de ne pas abîmer le sol en surface et de faire plonger les racines).

De gros fers ronds permettent donc de former la structure du bac. Des fers plus fins sont soudés pour donner la forme de celui-ci. Enfin, le bois est plaqué dessus à l'aide des suspentes visibles sur la photo de gauche.

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Après 5 jours de pose, le rythme est pris  et les bacs s’enchainent. Mais au premier remplissage de terre, nous sommes obligés de le vider de moitié et de trouver un moyen de faire garder sa forme au bac : la poussée est tellement forte qu'il a pris presque 40 cm au centre. Au final, un fil de fer tressé est posé dans le milieu entre chaque fer porteur.

     Au bout de 15 jours de chantier, le projet commence enfin à ressembler à l'idée folle conçu dans le brillant cerveau de notre cheffe de chantier nommée  Constance. Et là, une idée s'impose : le centre doit tendre vers quelque chose ! "-Et pourquoi pas une mare ?  - Oui mais là, le budget est explosé ! ". Bon.... pas de marre. Mine de rien, l'idée est lancée à notre hôte propriétaire Marie-Britt. Évidement, l'idée séduit mais le budget n'est pas infini ! Après quelques heures, elle revient avec notre deuxième café quotidien du jour (un chantier aux petits oignons) et finalement, nous décidons d'offrir les matériaux nécessaires afin de terminer ce magnifique chantier par une mare et ne facturerons que la main d'oeuvre !

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Comme s nous ne savons pas nous arrêter lorsqu'une bonne idée se présente, le dernier bac se transforme lui aussi pour devenir un bac d'eau. Grâce à une pompe cachée à 80cm de profondeur dans la mare, un cycle se forme entre les 2 bassins. Une lame d'eau permet de moderniser l'ensemble en complément d'une joli prêle graphique !

Pour terminer les bonnes idées, un robinet sculpté dans un morceau de chêne, un banc intégrant un cognassier du japon, des arches en fers et enfin un double portail viennent compléter le tableau !

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Un petit récapitulatif en vidéo réalisé par Jule, notre monteur préféré !

Octobre 2018

      Début Octobre, nouveau projet ! Cette fois-ci, c'est toute une histoire de plumes qui nous intéresse : les poules ! Elles étaient pour le moment en liberté mais la cohabitation avec le potager et avec la terrasse ne se passe pas sans quelques problèmes. Du coup, l’objectif est de non seulement leur clôturer une partie du terrain mais aussi de créer un poulailler design et pratique. 

foreuse manuelle
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brise vue en ganivelle

Pour commencer, la clôture choisi est une ganivelle en châtaignier pour ne pas bloquer la vue tout en gardant un aspect moderne. Les trous des poteaux sont creusés à l'aide d'une tarière manuelle et de la musculature de Constance (et oui, il faut tout de même justifier le côté permacole !)

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3 portails réalisés à l'atelier pour proposer toujours plus de pièces uniques dans le jardin.

La plus grosse partie du projet concerne donc le poulailler en lui-même. Non seulement nous avons travaillé pour qu'il s’intègre dans les végétaux, que son aspect soit

brut et design, mais aussi pour qu'il soit le plus fonctionnel possible. Nous avons donc décidé tout d'abord de le mettre sur pilotis pour 2 raisons : créer une zone couverte pour pouvoir laisser de la nourriture dehors pour les poules mais aussi pouvoir glisser une brouette sous la cabane afin de la nettoyer sans se pencher. Tout un côté de la cabane s'ouvre donc pour plus de facilité. Un pondoir est accessible de par l'extérieur en abaissant la devanture et une trappe se soulève en tirant sur une cordelette pour ne pas avoir à entrer dans le terrain.  La toiture a été découpée en pointe pour donner un style japonais à l'ensemble.

Porte d'accès pour nettoyage

Pondoir accessible

Zone de nourriture protégée

A gauche, la mare a été retravaillée par notre Jules (enfin le jules de Constance mais notre Jules à tous) car la lame d'eau rejetait trop d'eau en dehors. Du coup, un morceau de pécher creusé et poncé permet un écoulement plus doux. Une petite vidéo vous montre l'ensemble !

A droite, une petite photo de mise en bouche car deux gros massifs ont été ajoutés pour casser le vent et la vue. Petite particularité, une grosse partie des végétaux se consomme pour éventuellement finir dans les paniers de légumes bios de Marie-Britt !

Le tout vu de haut !